La Chine publie un modèle d'IA géant de 1 600 milliards de paramètres entraîné avec des puces nationales
La Chine vient de franchir une nouvelle étape dans la course mondiale à l'intelligence artificielle. Une équipe de chercheurs a annoncé avoir entraîné un modèle de langage de 1,6 trillion (1 600 milliards) de paramètres en utilisant exclusivement des accélérateurs Huawei Ascend 910C, avant de publier le modèle sous licence MIT, permettant à la communauté de l'utiliser et de le modifier librement. le nom du modèle est LongCat-2.0.
Cette annonce est particulièrement importante car elle intervient dans un contexte où les États-Unis limitent l'accès de la Chine aux GPU les plus avancés de NVIDIA. Plutôt que de dépendre de technologies étrangères, les chercheurs chinois démontrent qu'il est désormais possible de développer des modèles de très grande taille avec une infrastructure nationale.
Un démonstrateur technologique
L'objectif de ce projet n'est pas seulement de créer un modèle performant.
Il s'agit aussi de prouver que l'écosystème chinois est capable de développer une chaîne complète d'intelligence artificielle :
- des puces conçues en Chine ;
- des infrastructures de calcul nationales ;
- des logiciels d'entraînement optimisés ;
- des modèles d'IA open source.
Cette démonstration renforce la stratégie d'indépendance technologique poursuivie par Pékin.
Pourquoi 1,6 trillion de paramètres est impressionnant ?
Les paramètres représentent les connaissances qu'un modèle acquiert pendant son entraînement.
Avec 1 600 milliards de paramètres, ce modèle figure parmi les plus grands jamais annoncés publiquement.
Toutefois, il est important de rappeler que la taille d'un modèle ne garantit pas à elle seule de meilleures performances. Aujourd'hui, de nombreux laboratoires privilégient également des architectures plus efficaces, comme les modèles Mixture of Experts (MoE), qui n'activent qu'une partie de leurs paramètres à chaque requête.
Une réponse aux restrictions américaines
Depuis plusieurs années, les États-Unis imposent des restrictions sur l'exportation de certaines puces avancées vers la Chine.
Ces mesures visaient à ralentir le développement des modèles d'IA chinois.
Avec cette annonce, la Chine montre qu'elle poursuit ses progrès malgré ces contraintes, en s'appuyant sur ses propres technologies et en développant des alternatives aux GPU occidentaux.
Pourquoi cette actualité est importante ?
Cette publication ne concerne pas uniquement un nouveau modèle.
Elle illustre un changement beaucoup plus profond : la compétition mondiale ne porte plus seulement sur les logiciels, mais aussi sur les puces, les centres de données et les infrastructures qui rendent l'intelligence artificielle possible.
Chaque avancée dans ce domaine renforce l'autonomie technologique d'un pays et peut influencer l'équilibre mondial de l'innovation.
Les principales caractéristiques de LongCat-2.0
- 1,6 trillion (1 600 milliards) de paramètres
- Architecture Mixture of Experts (MoE), avec environ 48 milliards de paramètres actifs par requête en moyenne
- Fenêtre de contexte de 1 million de tokens
- Entraîné entièrement sur des puces chinoises (environ 50 000 accélérateurs IA fabriqués en Chine)
- Distribué sous licence MIT, permettant une utilisation commerciale et des modifications libres.
L'ONU lance l'« AI for Good Global Commission » pour encadrer l'avenir de l'intelligence artificielle
L'intelligence artificielle évolue à une vitesse sans précédent. Face à cette accélération, les Nations Unies franchissent une nouvelle étape en annonçant la création de l'AI for Good Global Commission, une commission internationale destinée à réunir gouvernements, entreprises technologiques, chercheurs et organisations internationales afin de réfléchir ensemble à l'avenir de l'IA.
Cette initiative est portée par l'Union internationale des télécommunications (UIT), l'agence des Nations Unies spécialisée dans les technologies numériques. La commission tiendra sa première réunion à Genève à l'occasion du sommet AI for Good 2026, en parallèle du tout premier Global Dialogue on AI Governance, consacré à la gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle.
Pourquoi cette commission est-elle créée ?
L'IA progresse aujourd'hui plus rapidement que les lois capables de l'encadrer.
Les modèles deviennent plus puissants, les agents IA gagnent en autonomie et leur impact sur l'économie, la santé, l'éducation, la cybersécurité ou encore les élections ne cesse de grandir.
L'objectif de cette nouvelle commission est donc de favoriser une coopération internationale afin que le développement de l'IA bénéficie à tous, tout en limitant les risques liés à son utilisation.
Qui participe à cette initiative ?
La commission rassemble des dirigeants politiques et des responsables des plus grandes entreprises technologiques.
Elle est coprésidée par Paul Kagame, président du Rwanda, et Marc Benioff, PDG de Salesforce. Parmi les membres fondateurs figurent également des dirigeants d'entreprises, des chercheurs et des représentants d'organisations internationales.
Quels sont les principaux objectifs ?
La commission souhaite travailler sur plusieurs priorités :
- promouvoir une utilisation responsable de l'intelligence artificielle ;
- favoriser un accès plus équitable aux technologies IA dans les pays en développement ;
- encourager la coopération entre les gouvernements et les entreprises ;
- accélérer l'utilisation de l'IA pour résoudre des défis mondiaux comme la santé, l'éducation, le climat ou l'agriculture.
L'idée n'est pas d'imposer immédiatement une réglementation mondiale, mais de créer un espace de dialogue et de coordination entre les principaux acteurs du secteur.
Une réponse à des inquiétudes grandissantes
Cette annonce intervient alors que le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a récemment averti que le développement de l'IA progresse plus vite que les mécanismes de contrôle. Il appelle les États à définir des règles communes afin de réduire les risques, notamment pour la protection des enfants, la lutte contre la désinformation et la réduction des inégalités d'accès aux technologies.
Pourquoi cette actualité est importante ?
Jusqu'à présent, chaque pays développait sa propre stratégie en matière d'intelligence artificielle.
Avec cette nouvelle commission, l'ONU tente de créer un cadre de coopération internationale pour éviter que les règles ne deviennent totalement fragmentées.
À mesure que l'IA influence l'économie, la sécurité, la recherche scientifique et les services publics, la question n'est plus seulement de savoir comment créer des modèles plus performants, mais aussi comment les gouverner de manière responsable.